Les Enfants du Sabbat

mardi 26 juillet 2022

      PAR EMILY



LES CHOSES SUR CE DONT ANNE HÉBERT ÉCRIT SONT TROP TERRIBLES pour mes goûts personnels de lecture, et pourtant, elle les écrit si joliment que je ne peux me la refuser. 

« Du haut de sa montagne, toute image lointaine, sous son regard, est grandie et grossie jusqu'à trente fois. Semblable aux grands rapaces, elle peut détecter le mouvement d'un mulot dans l'herbe, derrière la maison du bedeau. 


L'oeil de la sorcière fouille l'ombre où se cache le garçon. Sous le regard maternel, il poursuit sa quête chez les hommes. La nuit, il croit parfois sentir sa mère planer au-dessus de lui, rasant les toits du village, empruntant le vol silencieux des chouettes et des hiboux. Joseph sait qu'elle peut fondre sur lui d'un instant à l'autre et le dévorer en quelques coups de bec, quitte à rejeter ensuite en tas les os, les ongles, les cheveux et les dents de l'enfant.» (p.108)


Anne Hébert a grandie dans les années 20. Son premier roman a été publiée dans les années 50. Elle écrit toujours à propos de choses trash. (Viol, inceste, tu vois le genre.) Même si personnellement, je voudrais voir en littérature plus d'exemples d'hommes bons et doux, je peux apprécier le magnifique coup de poing qu'a été sa plume pour briser des tabous. 



Couverture: Pierre van Hanselaere. Susanna and the Elders (détail) 1820. Musée Rijks, Amsterdam.

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